RICHES :

Si j'observe ensuite la faible minoritй qui ne manque de rien, en dehors des propriйtaires terriens, je la vois composйe de tous ceux qui ne mettent pas de fait la main а la pвte, de tous ceux qui se contentent de calculer, de combiner, de travestir, de raviver et rajeunir sous des formes toujours nouvelles le trиs vieux complot а l'aide duquel on parvient а faire remuer une multitude de bras sans que ceux qui les remuent en tirent le fruit destinй, dиs le principe, а s'entasser en grande masse sous la main des criminels spйculateurs, lesquels, aprиs s'кtre entendus pour rйduire sans cesse le salaire du travailleur, se concertent, soit entre eux, soit avec les distributeurs de ce qu'ils ont entassй, les marchands, leurs co-voleurs, pour fixer le taux de toutes choses de telle sorte que ce taux ne soit а la portйe que de l'opulence.

Lettre а Germain, 1795.

PAUVRES :

Car enfin, c'est du pauvre auquel on n'a point songй encore, c'est, dis-je, du pauvre qu'il doit кtre principalement question dans la rйgйnйration des lois d'un empire ; c'est lui la cause qu'il intйresse le plus de soutenir. Quel est le but de la sociйtй? N'est-ce pas de procurer а ses membres la plus grande somme de bonheur qu'il est possible? Et que servent donc toutes vos lois lorsqu'en dernier rйsultat elles n'aboutissent point а tirer de la profonde dйtresse cette masse йnorme d'indigents, cette multitude qui compose la grande majoritй de l'association?

Lettre а Coupй, 1791.

Le Livre ! "Je t'йcris au sujet de Gracchus Babeuf" de Jean Soublin, Editions Atelier du Guй.